Herz Machine – le Metal Rebel en quête d’âme
Avec son mélange de rock brut et de mélodies pop, le groupe suisse Herz Machine s’est imposé en quelques années comme une formation singulière. Mené par Alain Meystre (guitare) et complété par Dan Lagarère (chant), Gaël Pellissier (basse) et Samuel Roch (batterie), le quatuor compte déjà cinq albums. Le dernier, New Blood, explore à travers le personnage du « Metal Rebel » des thèmes comme la dualité homme-machine et la rédemption.
L’univers visuel du groupe, marqué par les illustrations de Damsink, renforce ce rock authentique et viscéral. Alors qu’un sixième album est attendu pour octobre 2026, Alain Meystre revient pour nous sur les débuts d’Herz Machine, son alchimie créative avec Dan, sa productivité impressionnante, et la suite de l’aventure.
1 Alain Meystre, que faites-vous dans la vie ?
Alors, j’ai deux boulots qui représentent chacun environ 35%, donc ça fait un peu plus qu’un temps plein, mais sans la pression du 100%, si tu vois ce que je veux dire.
D’un côté, je suis infographiste pour une fondation à but non lucratif. On bosse dans l’e-learning, et les sujets tournent autour de l’immunologie, la gériatrie… des trucs pointus, mais ça a du sens. De l’autre côté, je suis conducteur de bus scolaire.
Pourquoi le bus ? Après deux ans au chômage à envoyer des CV dans le vide, les Transports publics fribourgeois ont lancé une formation. J’ai tenté ma chance, obtenu le permis D, et me voilà à conduire le scolaire dans la région blonaysanne. Franchement, c’est un boulot sympa, ça me sort de l’écran.
Et le plus important: tout ça me laisse encore du temps pour la musique, ma vraie passion.
2 Parlez-nous du projet Herz Machine, d’où vient cette idée?
Le projet est né d’une collaboration entre Dan, le chanteur, et moi. J’étais guitariste dans un groupe régional dont le chanteur est décédé au tout début de la période Covid, en 2020. Je jouais déjà avec Sam, le batteur. On a décidé de continuer l’aventure en cherchant un chanteur. Via les réseaux sociaux, l’appel a été lancé. Dan a répondu quasiment dans le mois qui a suivi, et Gaël, le bassiste, nous a rejoint il y a trois ans maintenant.
L’alchimie s’est faite instantanément entre Dan et moi. Dès 2020, les nouvelles compositions se sont enchaînées régulièrement. À l’heure actuelle, on a déjà composé une bonne centaine de titres originaux. Je me charge des parties musicales et instrumentales, Dan se charge de poser ses textes, et ensemble nous arrangeons le tout avant de mixer et finaliser les titres.
Le nom du groupe s’est décidé après quelques semaines d’activité. «Herz», en allemand, signifie «cœur», et la prononciation est très proche – quasi identique – de «Hertz», l’unité de fréquence relative au son. Ensuite, «Machine» semblait bien coller au groupe, en rapport avec la productivité des chansons.
L’univers visuel s’est développé en quelque sorte de lui-même, directement en rapport avec notre son, puissant et mélodique à la fois. Beaucoup de personnes trouvent notre son unique – ce mélange de pop-rock, le timbre de voix très particulier de Dan et mes compositions. On nous a souvent dit que cela donne une patte musicale très reconnaissable, difficilement étiquetable. Un univers bien foisonnant avec comme noyau de réflexion l’humain et son rapport à la machine, une réflexion sur ces choses qui font de nous des humains : nos ressentis, nos émotions.
Dans les textes de Dan est apparu le Metal Rebel, une machine qui veut redevenir humaine et mortelle afin de ressentir à nouveau des sentiments. Les thèmes abordés dans notre dernier album, le cinquième, New Blood – déjà présents dans nos autres albums d’ailleurs – traitent vraiment de cette idée qu’il est possible de choisir la lumière plutôt que les ténèbres. C’est un genre de mode d’emploi sur comment utiliser son humanité pour quelque chose de fort et de bon. Avec cette idée bien présente que posséder une âme nous permet de « pratiquer » le libre arbitre et nous différenciera toujours d’une machine.
D’ailleurs, l’illustration de Damsink sur la pochette de ce cinquième album représente un cœur hybride, organique et mécanique à la fois, dans un style très rétro-technologique – un style que l’on affectionne particulièrement dans cette époque ultra-technologique que nous vivons, déjà quasi rongée par un transhumanisme carrément bien désinhibé! Ce cœur hybride est une étape de plus dans la transformation du « Metal Rebel » et dans sa quête d’humanité.
3 Quel est votre endroit préféré en Suisse romande ?
Disons « nos endroits préférés » : toutes les salles où l’on pourrait se produire, et aussi notre local de répète à Semsales. Et comme activité préférée : performer et répéter ! La musique comme antidote ultime et messagère !
On s’est rendu compte – et ça, c’est dingue – que Herz Machine est vraiment puissant en énergie lorsqu’on est en live sur scène. Notre musique a un côté très galvanisant. On le réalise vraiment dans les discussions qu’on a ensuite avec le public, qui nous dit souvent se sentir comme chargé d’une énergie ultra forte et positive après nos prestations. C’est tout simplement génial comme feedback, et ça nous nourrit aussi à fond !

4 Au niveau culturel, quel artiste ou musique vous inspire le plus ?
La musique anglo-saxonne, principalement le rock et ses dérivés. J’aime le côté brut du rock, les Led Zep ou autres groupes des années 70 qui ne trichent pas. Mais aussi la musique plus moderne dans laquelle on retrouve de la mélodie et du groove.
Herz Machine, je pense, sonne ultra mélodique. Quand je compose et que Dan trouve ensuite des lignes de voix, on se rend compte que l’on est tous les deux ce qu’on appelle des mélodistes. Qu’on aime les refrains catchy et les solos mélodiques et puissants à la fois.
Les inspirations musicales de groupes que l’on adore sont bien sûr toujours présentes, mais au final, dans les différentes chroniques qui ont été écrites sur notre 5ème album – comme dans le magazine Rock&Folk – revient souvent le fait qu’on a vraiment notre propre identité. Que ce n’est pas juste un énième copier-coller de bouts de trucs qui ressemblent à un tel ou un tel. Et ça, c’est vraiment un super compliment.
5 Quelle est votre plus grande défaite ou réussite jusqu’à présent ?
Finaliste du Marlboro Rockin en 1990 avec mon premier groupe – et avec tous les titres composés avec Dan jusqu’à maintenant. Je n’ai que rarement pu composer autant qu’aujourd’hui, des compositions qui laissent autant la place et la liberté à Dan de s’exprimer dessus, plutôt que l’inverse. Et cet échange artistique avec Dan est vraiment super inspirant. On a une belle synchronicité depuis le début. C’est juste fou de se dire que l’on sortira déjà, cette fin d’année, notre 6ème album en… six ans d’existence !
6 Quels sont vos projets d’avenir pour les prochains 5 années ?
Faire un max de concerts avec HzM – nous jouerons d’ailleurs le 21 juin à la Fête de la Musique de Divonne-les-Bains – et produire encore des titres qui racontent des histoires, comme la ballade rock « Left Untold » qui vient de sortir vendredi 20 mars. On aime raconter des histoires. On a plein d’idées visuelles pour le groupe, et cette envie très claire de produire des vidéos pour les singles qui sortiront encore en amont de notre 6ème album (octobre 2026). Développer aussi des éléments scénographiques, car l’univers de Herz Machine est vraiment riche et déjà fort visuellement. D’ailleurs, l’illustration de notre prochain album a été aussi réalisée par Damsink et est vraiment solide – autant dans le style que dans ce que son dessin raconte !
Vu comme les six dernières années ont été productives, les cinq prochaines le seront sûrement aussi! Je me souviens d’une anecdote avec Dan: on s’est dit un jour que si l’on enregistrait encore sur des bandes magnétiques, tout en analogique – ça nous plairait, c’est sûr, un jour ou l’autre – on saurait franchement plus comment stocker tous nos titres !
Pour plus d’informations visitez les site Herzmachine.com
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