Bientôt un logo « sans IA » ? La course au label 100% humain est lancée

Vous êtes-vous déjà demandé, en regardant un film ou en lisant un livre, si ce que vous aviez sous les yeux était l’œuvre d’un humain ou d’une machine ? Avec l’explosion de l’IA générative, la question se pose de plus en plus. Et la réponse pourrait bientôt arriver sous la forme d’un petit logo.

Partout dans le monde, une course est engagée pour créer un label universellement reconnu, un peu comme le célèbre label « Fair Trade », qui garantirait qu’un produit ou un service est « fait par l’humain ». Des mentions comme « Proudly Human », « Human-made » ou « AI-free » fleurissent déjà sur des films, des livres ou des sites web.

Pourquoi cette urgence ? Parce que l’IA générative, capable de créer textes, images ou musiques sur simple commande, bouscule des professions entières et suscite des craintes légitimes. Mais le problème, c’est qu’il existe aujourd’hui au moins huit initiatives différentes, avec des définitions et des niveaux d’exigence variables. Certains labels s’obtiennent gratuitement en un clic, sans aucun contrôle. D’autres, comme « aifreecert », exigent une véritable vérification par des analystes et des logiciels spécialisés.

Cette prolifération risque de semer la confusion chez les consommateurs. Comme l’explique une experte en consommation à la BBC, « une définition universelle est essentielle pour construire la confiance ». Car que signifie vraiment « sans IA » dans un monde où l’intelligence artificielle est intégrée partout, parfois sans qu’on le sache ? Une chercheuse en IA suggère d’ailleurs qu’il faudrait peut-être une certification plus nuancée qu’un simple binaire « avec ou sans ».

L’industrie culturelle est en première ligne. Des maisons d’édition comme Faber ajoutent un tampon « Human Written » à certains de leurs livres. Des distributeurs de films apposent la mention « Aucune IA générative n’a été utilisée » sur leurs affiches. En Australie, l’entreprise « Proudly Human » pousse la rigueur encore plus loin avec des vérifications à chaque étape de la publication, de la musique ou de l’animation.

L’idée fait son chemin : dans un monde où l’IA copie, imite et produit à la chaîne, la création humaine pourrait devenir un gage de rareté et de valeur. Reste à savoir quel label parviendra à s’imposer et à nous guider, nous consommateurs, dans cette nouvelle ère.